Ralentir le flow pour se renforcer

Lorsque j’ai commencé le yoga à Paris il y a quelques années, il y avait beaucoup de cours proposés en Vinyasa (c’était la mode peut-être..?). J’ai donc commencé par les cours de Vinyasa mais régulièrement j’étais frustrée, agacée par la rapidité dans l’enchaînement des asanas. Je voulais rester plus longtemps, savourer les postures et prendre le temps… 

À force de chercher, j’ai fini par trouver quelques profs qui proposaient des cours un peu différents qu’on pourrait qualifier de « slow vinyasa” mais les cours étaient rares et souvent chers. Je crois que ce constat m’a tellement énervé que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu développer ma pratique personnelle (celle que j’enseigne aujourd’hui). 

Lorsque l’on débute le yoga, selon moi, le vinyasa n’est pas recommandé car un flow trop cadencé ne permet pas de découvrir pleinement les postures, le corps n’a pas le temps de les mémoriser correctement et à terme elles peuvent être mal exécutées.

La lenteur n’est pas l’apanage des faibles, bien au contraire. Ralentir le rythme, ralentir le flow, ralentir la vie qui va trop vite, devient vital. Mon tapis est l’un des rares endroits où je m’applique à ralentir ma respiration. Dans les asanas je prends le temps, j’aime rester plusieurs respirations (5 en général, une habitude prise en Ashtanga) ainsi j’écoute mes sensations et je me reconnecte à mon corps.

Quels bénéfices au niveau physique ?

Tenir une posture sans bouger plusieurs secondes c’est en fait beaucoup plus difficile physiquement que d’enchainer 1 mouvement = 1 respiration. Pour tenir une posture active il faut faire travailler ses muscles, progressivement le corps se renforce et se gaine.  Avec les postures passives c’est l’inverse, il faut savoir lâcher prise, laisser le corps s’ouvrir, s’étirer et s’assouplir.

Maintenir la posture permet de comprendre ses effets sur le corps, laisse le temps aux émotions et aux zones de tension de se débloquer lorsque c’est nécessaire.

Avoir un corps musclé n’est pas un but esthétique en soi mais un objectif de santé car les muscles vous font gagner en endurance, en réflexes et en énergie. Ils vous soutiennent, protègent votre squelette et vous évitent les blessures.

Les principaux bénéfices viennent au niveau mental

Savoir rester “longtemps » dans une posture demande d’exercer sa volonté. En exerçant notre volonté sur notre corps nous renforçons notre volonté sur notre mental, le lobe frontal à l’avant du cerveau se développe et un cercle vertueux se met en place (car c’est la partie du cerveau responsable de… la volonté !). Petit à petit, cette nouvelle gestion de soi s’étend aux autres aspects de notre vie.

Lorsque vous tenez une posture plusieurs respirations et que vous devez garder votre équilibre (en Guerrier 3 par exemple) vous développez votre concentration. La concentration est également requise pour solliciter une zone musculaire particulière dans votre corps et en relâcher une autre en simultanée (CQFD « relâchez vos épaules mais pas les bras »).

Le plus important selon moi, c’est que « tenir une posture » demande de l’acceptation, c’est-à-dire ne pas se battre contre la posture, ne pas lutter mais essayer de se relâcher même si c’est un peu douloureux. C’est toute la force du yoga qui s’exprime dans cette notion “d’acceptation” que l’on retrouve dans la vie quotidienne du yogi. Avec le temps on apprend à rester souple et à s’adapter aux événements plutôt que de partir en guerre contre l’univers.

Le type de yoga que vous choisissez doit avant tout correspondre à votre tempérament. Si vous êtes de nature plutôt stressé, nerveux ou énergique (comme moi), il vous faut un yoga avec un flow assez lent et beaucoup de postures statiques. Si au contraire vous êtes de nature très calme, voir dépressif, je vous conseillerai plutôt un yoga dynamique comme le Vinyasa. Retrouvez différents types de yoga que vous pouvez pratiquer dans cet article.


Laisser un commentaire