Quand on souhaite commencer le yoga on est souvent perdus dans l’océan des possibilités et des différentes déclinaisons proposées. Avant de faire ma formation en Inde je pratiquais déjà le yoga depuis plusieurs années mais quand on me parlait d’Asthanga, Vinyasa, Hatha, Jivamuki ou Yin, j’étais complètement perdue.
Je vous propose quelques notions pour y voir un peu plus clair sur les 3 premiers que je connais bien, ainsi que quelques éléments de culture générale « yogique ».
Les origines du yoga :
Les premières traces écrites sur le yoga sont compilées par Patañjali en Inde dans des recueils appelés « Yoga Sūtra » (ce sont des phrases courtes destinées à être facilement retenues). Au début du XXe siècle, en Inde, Krishnamacharya est le premier à pratiquer un yoga sous forme de « flow » se rapprochant des écrits de Patañjali.

Pourtant, ce n’est pas lui qui invente le yoga tel qu’on le connaît. Ce sont deux de ses élèves, Pattabhi Jois et BKS Iyengar, qui vont faire évoluer et rayonner le yoga en dehors de l’Inde. Pattabhi Jois est le père de l’Ashtanga (et du Vinyasa qui en découle) et BKS Iyengar, du yoga Iyengar (logique vous me direz).
Que signifie “yoga” ?
Le terme “yoga” vient du sanskrit (une langue indienne très ancienne) “jug” qui signifie : connecter, relier, joindre, unir. Le travail du yoga c’est d’unifier le corps et l’esprit, en mettant l’être humain en relation avec son monde intérieur (méditation).
Le yoga c’est bien plus qu’une pratique sportive, c’est se (re)connecter avec son corps et son mental, devenir « présent », gagner en bien-être, en courage, en volonté, en créativité, en intuition, en autonomie et en responsabilité. Pratiqué régulièrement le yoga transforme votre vie quotidienne et fait de vous la plus belle version de vous-même.
Les principaux types de yoga :
L’Ashtanga est né dans une ville appelée Mysore, en Inde (il existe d’ailleurs des cours de « Yoga Mysore »). La particularité de l’Ashtanga c’est que l’on répète toujours la même suite de postures (asanas) dans le même ordre. Le point positif c’est qu’on peut voir sa progression, le point négatif (si comme moi vous n’aimez pas la routine) c’est que vous pourriez vous lasser.
C’est un yoga quasi martial, l’enchaînement des postures et leur difficulté sont si intenses que petit à petit le mental cède, on sort du cours « vidé » physiquement et l’esprit léger.

Les postures sont tenues 5 respirations et on utilise la respiration « ujjayi », une respiration profonde par le nez avec le « bandha » (verrou interne) de la gorge bloqué qui provoque un léger son, une élévation de la température du corps et donc la transpiration. Cette transpiration permet d’évacuer les toxines de l’organisme. On utilise également le « drishti » (la direction du regard).
L’Ashtanga développe le tonus musculaire, la souplesse, la mobilité des articulations ainsi que la conscience de son corps, la confiance en soi et la stabilité de nos émotions.
Le Vinyasa est issu de l’Ashtanga mais avec quelques différences. Tout d’abord la liberté et la créativité sont de mise. L’enseignant est libre de proposer une plus grande variété d’asanas (postures), dans l’ordre qu’il souhaite et sans forcément les faire tenir 5 respirations. Vinyasa signifie aussi « flow » et dans la plupart des cours on applique le principe « 1 respiration = 1 posture » (personnellement je n’aime vraiment pas ça).
Les asanas possèdent plusieurs variations, des transitions un peu « hors du cadre » peuvent être incluses et la musique est souvent présente.

Le Hatha est la plus ancienne et traditionnelle version du yoga. Elle inclut des exercices de respiration (pranayama) et de méditation. Elle s’adresse à des personnes ouvertes à la spiritualité qui recherchent de la détente en pratiquant une discipline qui impose une certaine lenteur.
En Hatha les postures sont tenues plusieurs respirations et l’alignement et la précision sont moins importants qu’en Ashtanga. On considère que le corps sait se placer naturellement (plus ou moins vrai selon les personnes).
J’ai fait ma formation en Inde en Ashtanga et en Hatha mais j’ai l’impression que le Hatha pratiqué là-bas est assez différent de celui pratiqué en Occident. Le Hatha de ma formation mettait plutôt la priorité sur le renforcement musculaire que sur l’éveil spirituel. Nota bene : le yoga varie aussi en fonction du professeur..!
Si je devais définir mes cours je dirais que c’est un mélange entre l’exigence de l’Ashtanga mélangé à la lenteur du Hatha et la créativité du Vinyasa.